Chaque année, le 28 septembre, la Journée mondiale contre la rage rappelle l’existence d’une maladie devenue très rare en France, mais qui reste encore responsable de décès humains dans de nombreuses régions du monde.
Pour les propriétaires de chiens et de chats, le risque concerne aujourd’hui surtout les voyages, les contacts avec des animaux dans des pays où la rage circule et l’introduction en Europe d’animaux dont le statut sanitaire n’est pas correctement contrôlé.
Mais comment le virus agit-il réellement ? Pourquoi peut-il rester silencieux pendant plusieurs semaines ? Un animal peut-il transmettre la rage avant de présenter des symptômes ? Et pourquoi les règles de vaccination sont-elles aussi strictes ?
La rage : un virus qui utilise les nerfs pour atteindre le cerveau
La rage est provoquée par des virus du genre Lyssavirus.
Après une morsure, le virus ne gagne pas immédiatement l’ensemble de l’organisme par le sang. Il reste d’abord au niveau du point d’entrée, puis gagne les nerfs périphériques.
Il progresse ensuite le long des voies nerveuses jusqu’à la moelle épinière et au cerveau.
Une fois le système nerveux central atteint, le virus se multiplie puis redescend notamment vers les glandes salivaires, ce qui explique pourquoi la salive devient le principal vecteur de contamination.
C’est cette progression particulière qui explique deux caractéristiques importantes de la rage :
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la maladie peut rester silencieuse pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois ;
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une prise en charge après une morsure peut encore être efficace avant que le virus n’atteigne le système nerveux central.
Une incubation parfois beaucoup plus longue qu’on ne l’imagine
Chez le chien, la majorité des cas cliniques apparaissent environ 21 à 80 jours après l’exposition, mais des incubations beaucoup plus courtes ou beaucoup plus longues sont possibles.
Chez l’être humain, l’OMS indique que l’incubation est généralement de 2 à 3 mois, mais qu’elle peut aller de moins d’une semaine à environ un an selon différents facteurs.
Cette durée dépend notamment :
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de la quantité de virus inoculée ;
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de la profondeur de la morsure ;
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du site de la blessure ;
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de la distance entre la blessure et le système nerveux central.
Une morsure profonde ou située près de zones fortement innervées peut donc représenter un risque différent d’une petite blessure superficielle.
Un animal peut être contagieux avant d’avoir l’air malade
C’est l’un des points les plus importants à connaître.
Un animal infecté ne devient pas uniquement contagieux lorsqu’il présente des symptômes évidents.
Le ministère français de l’Agriculture indique qu’un animal infecté peut excréter le virus dans sa salive avant l’apparition des premiers signes cliniques.
Autrement dit, l’absence de comportement anormal ne suffit pas à exclure totalement le risque.
C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles il est déconseillé de caresser ou de manipuler un chien ou un chat errant lors d’un voyage dans une région où la rage circule.
Pourquoi parle-t-on toujours de morsure ?
Parce que le virus est principalement présent dans la salive.
La morsure constitue donc le mode de transmission le plus évident : les dents permettent à la salive contaminée de pénétrer directement dans les tissus.
Mais une morsure n’est pas indispensable.
Une contamination peut également avoir lieu lors :
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d’une griffure contaminée par de la salive ;
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d’un léchage sur une peau lésée ;
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d’un contact de salive avec une muqueuse, notamment les yeux ou la bouche.
En revanche, le simple fait de toucher le pelage d’un animal ne constitue pas, en lui-même, une voie habituelle de transmission.
Les symptômes ne sont pas toujours ceux du « chien agressif »
L’image classique de la rage est celle d’un animal agressif qui cherche à mordre.
Cette forme existe effectivement, mais elle n’est pas la seule.
Chez le chien comme chez le chat, les signes les plus évocateurs sont surtout des modifications brutales du comportement et une paralysie progressive inexpliquée.
Un animal atteint peut notamment présenter :
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une irritabilité inhabituelle ;
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une nervosité importante ;
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une agressivité soudaine ;
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au contraire, un animal normalement distant qui devient anormalement familier ;
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des troubles de la coordination ;
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des difficultés à avaler ;
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une hypersalivation ;
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une paralysie progressive.
Il existe notamment une forme paralytique, parfois appelée historiquement « rage muette ».
Dans cette forme, l’animal n’est pas nécessairement agressif. Une paralysie de la mâchoire et de la gorge peut apparaître, avec une salivation importante et des difficultés à avaler.
Cette forme est particulièrement trompeuse : une personne peut être tentée d’ouvrir la gueule de l’animal ou de lui administrer un médicament, augmentant ainsi le risque de contact avec sa salive.
Pourquoi la rage est-elle si particulière ?
Parce qu’une fois les symptômes neurologiques déclarés, l’évolution est pratiquement toujours fatale.
Lorsque le virus a atteint le cerveau, les traitements disponibles ne permettent généralement plus d’arrêter la maladie.
C’est donc une maladie pour laquelle la prévention doit intervenir avant l’apparition des symptômes.
C’est également ce qui explique l’importance du lavage immédiat d’une plaie et de la prise en charge médicale après une exposition suspecte.
En France, d’où vient réellement le risque ?
La France est officiellement indemne de rage chez les mammifères terrestres non volants.
Les cas détectés sur le territoire français concernent principalement des animaux ayant été contaminés à l’étranger puis introduits en France.
Les autorités françaises ont par exemple déjà identifié des cas chez des chiens ou des chats provenant de pays où la rage circule encore.
C’est pourquoi le risque lié à l’importation clandestine d’un chiot ou d’un chaton n’est pas théorique.
Un animal peut paraître parfaitement sain tout en étant encore dans sa période d’incubation.
Pourquoi ramener un chiot trouvé à l’étranger peut poser problème
C’est probablement l’un des messages les plus utiles pour le grand public.
Trouver un chiot ou un chaton lors d’un séjour au Maroc, en Afrique, en Asie ou dans un autre pays peut susciter l’envie de le ramener en France.
Mais un jeune animal infecté peut rentrer sur le territoire avant de présenter des symptômes.
En 2013, par exemple, un chaton en incubation de rage provenant du Maroc avait été introduit en France, entraînant des mesures sanitaires pour les personnes et animaux ayant été en contact avec lui.
C’est précisément pour éviter ce type de situation que les formalités d’importation sont strictes.
Vaccination : pourquoi faut-il attendre 21 jours ?
Pour un premier vaccin contre la rage, la protection réglementaire n’est pas considérée comme immédiate.
Pour voyager, l’animal doit :
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être identifié ;
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être vacciné après cette identification ;
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avoir au moins 12 semaines lors de la primovaccination ;
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attendre 21 jours après la première vaccination avant que celle-ci soit considérée comme valable pour certains déplacements.
Un point souvent méconnu : si le chien est vacciné puis pucé après la vaccination, cette vaccination n’est pas reconnue comme valide pour le voyage.
Il faudra alors revacciner l’animal après son identification.
Et pourquoi certains voyages nécessitent-ils encore une prise de sang ?
Pour revenir dans l’Union européenne depuis certains pays considérés à risque, une simple vaccination peut ne pas suffire.
Il faut alors effectuer un titrage sérique des anticorps antirabiques.
Cette prise de sang vérifie que l’animal a développé un niveau d’anticorps suffisant.
Le seuil réglementaire est de 0,5 UI/ml ou plus.
Et les délais sont importants :
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prise de sang au minimum 30 jours après la vaccination ;
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puis, dans certaines situations, attente de 3 mois après le prélèvement avant l’entrée dans l’Union européenne.
Un chiot peut donc devoir attendre près de 7 mois avant de pouvoir entrer légalement dans l’Union européenne
Le ministère donne un exemple très parlant.
Pour un chiot provenant d’un pays pour lequel un titrage est obligatoire :
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vaccin à partir de 12 semaines ;
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prise de sang au moins 30 jours plus tard ;
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attente supplémentaire de 3 mois.
Le délai minimal peut ainsi atteindre environ 198 jours de vie, soit plus de 6 mois.
Voilà pourquoi acheter ou adopter un très jeune chiot provenant d’un pays à risque et proposé comme « immédiatement disponible » doit inciter à vérifier sérieusement les documents sanitaires.
Pourquoi la surveillance dure-t-elle 15 jours après une morsure ?
En France, lorsqu’un chien ou un chat mord ou griffe une personne, il doit être présenté à un vétérinaire dans les 24 heures, même s’il est vacciné contre la rage.
Il est ensuite surveillé pendant 15 jours, avec trois examens vétérinaires :
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dans les 24 heures ;
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au 7e jour ;
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au 15e jour.
Cette surveillance n’est pas destinée à vérifier si la plaie cicatrise.
Elle sert à s’assurer que l’animal mordeur ne développe pas de signes compatibles avec la rage pendant la période suivant l’exposition.
Et cette obligation concerne bien un animal vacciné comme un animal non vacciné.
Que faire immédiatement après une morsure ?
Le premier geste peut paraître très simple, mais il est essentiel :
laver immédiatement et abondamment la plaie à l’eau et au savon pendant environ 15 minutes.
Ce lavage permet de réduire la quantité de virus susceptible d’être présente localement.
Il faut ensuite demander rapidement un avis médical, particulièrement :
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si la morsure a eu lieu à l’étranger ;
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si l’animal est errant ;
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si son statut vaccinal est inconnu ;
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s’il n’est pas possible de retrouver ou surveiller l’animal.
La prévention post-exposition peut associer selon les situations nettoyage de la plaie, vaccination antirabique et immunoglobulines spécifiques.
3 016 personnes prises en charge en France après une exposition à risque
Même dans un pays indemne de rage terrestre comme la France, la prévention reste très concrète.
L’Institut Pasteur rapporte que 3 016 personnes ont reçu en France un traitement préventif après une exposition à risque en 2023.
Et 70 % de ces personnes avaient été exposées lors d’un voyage à l’étranger.
Ce chiffre illustre bien la situation actuelle : pour un propriétaire français, le principal enjeu autour de la rage est aujourd’hui étroitement lié aux voyages et aux contacts avec des animaux dans des zones où le virus circule encore.
Avant un voyage avec votre chien ou votre chat : ne vérifiez pas uniquement le vaccin
Avant le départ, vérifiez avec votre vétérinaire :
✓ Identification électronique
✓ Date de vaccination contre la rage
✓ Date du prochain rappel
✓ Passeport européen
✓ Exigences du pays de destination
✓ Conditions nécessaires pour revenir en France
✓ Nécessité éventuelle d’un titrage antirabique
Pour certaines destinations, les autorités françaises conseillent d’entreprendre les démarches jusqu’à quatre mois avant le départ.
Les chiffres et informations à retenir
21 à 80 jours
C’est la période durant laquelle apparaissent la majorité des cas cliniques observés chez le chien après une contamination, même si elle peut être plus courte ou beaucoup plus longue.
12 semaines
Âge minimal réglementaire pour une primovaccination antirabique valable dans le cadre des déplacements concernés.
21 jours
Délai après une première vaccination avant qu’elle soit considérée comme valide pour de nombreux déplacements internationaux.
0,5 UI/ml
Taux minimal d’anticorps attendu lorsque le titrage sérique antirabique est requis.
15 jours
Durée de surveillance vétérinaire en France d’un chien ou d’un chat ayant mordu ou griffé une personne.
15 minutes
Durée recommandée du lavage abondant d’une plaie après une exposition potentielle.
Une maladie rare en France, mais une prévention qui reste très actuelle
La rage n’est donc pas une maladie que la majorité des propriétaires français rencontreront dans la vie quotidienne de leur animal.
Mais elle présente une particularité majeure : lorsqu’elle se déclare, il est généralement trop tard pour intervenir.
La prévention repose donc essentiellement sur trois choses :
vacciner lorsque la situation l’exige, anticiper les voyages et savoir réagir immédiatement en cas d’exposition.
Et lorsqu’un voyage avec un chien ou un chat est prévu, le bon réflexe reste de vérifier suffisamment tôt la situation avec son vétérinaire : les règles peuvent changer selon le pays de destination et surtout selon les conditions de retour dans l’Union européenne.
Chez SuperCroquettes, la prévention fait aussi partie de la santé animale
Bien nourrir son chien ou son chat est essentiel, mais leur santé ne se résume pas à leur gamelle.
Chez SuperCroquettes, nous souhaitons aussi vous accompagner sur les sujets de prévention, de bien-être et de santé du chien et du chat : vaccination, digestion, poids, hygiène, activité physique, vieillissement ou encore vigilance lors des voyages.
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